Chapitre 2

Le rêve…

Simon est sur son lieu de travail. Il est entouré par ses collègues. Ils applaudissent tous, un énorme sourire sur leur visage. Partout où Simon porte son regard, il ne voit que ses collègues en train d’applaudir. Toute l’attention est portée sur Simon. Il traverse les bureaux comme s’il était le maître des lieux. Les collègues viennent chacun leur tour congratuler Simon. Il est aux anges. Lorsque…

Plus rien. Plus un bruit.

Simon réalise qu’il est tout seul. Tout le monde a disparu. Simon vérifie les bureaux. Il n’y a personne. Pas âme qui vive.

Simon respire de plus en plus fortement. Une goutte de sueur coule sur sa joue. Il panique. Puis…

Dans la chambre de Simon, au matin…

Simon se réveille brusquement, le visage couvert de sueur. Il scrute la pièce dans laquelle il se trouve. Il est sur son lit, dans sa chambre, dans son appartement. Il fait jour.

Soudain, Simon réalise quelque chose. Il se tourne vers le réveil. Aussitôt, ses yeux sortent de leur orbite.

- Et merde !

Simon bondit hors de son lit. Il attrape la chemise qui était accrochée à une chaise. La met rapidement. Puis… Crack! Elle se déchire.

- Et merdeux !

Simon ouvre son armoire. Pas de chemise. Il fouille dans le tas de vêtements qui se trouve au pied du lit. Il en trouve une. Elle n’est pas repassée. Pas grave. Elle ferra l’affaire.

Simon finit de s’habiller, puis quitte la pièce. Simon court vers la porte d’entrée et sort de son appartement.

La porte n’a pas le temps de se fermer qu’il rentre de nouveau. Il se précipite dans sa chambre.

Il revient quelques secondes plus tard avec une mallette à la main. Il s’en va finalement.

Devant l’appartement de Simon…

Simon jongle entre nouer sa cravate, garder son équilibre et regarder devant lui. Un exploit difficile, mais il réussit finalement.

Simon saute dans sa New Beatle verte. Et la démarre.

La voiture sort de sa place de parking lorsqu’un klaxon se fait entendre. Simon enfonce la pédale de frein. La New Beatle s’arrête in entremis au moment où une camionnette passe.

- Regarde la route, hé, connard !, crie le conducteur de la camionnette.

- Désolé !, répond timidement Simon.

Simon reprend se respiration. Il regarde derrière lui puis s’engage dans la circulation.

Au feu rouge…

Simon s’arrête devant le feu rouge. Il attrape son téléphone portable lorsque celui-ci se met à sonner.

- Allô ?, répond-il.

C’est Stéphanie, sa secrétaire.

- Mr Leukis ? Mais où êtes-vous ? Mr Marshall et son associé sont ici. Cela fait plus de dix minutes qu’ils attendent.

- Je sais. Je sais. Dites-leur de patienter une toute petite minute. Je suis sur la route. J’arrive tout de suite.

Au bureau…

Stéphanie a le combiné téléphonique collé à son oreille. Depuis son bureau, elle peut voir Mr Marshall et son associé dans la salle de conférence.

- Dépêchez-vous, Mr Leukis. Je ne sais pas combien de temps je pourrai les faire attendre.

Dans la voiture…

- Faites de votre mieux, Stéphanie. Je compte sur vous.

Simon raccroche. Le feu est toujours rouge.

- Allez. Allez. Allez ! Dépêche-toi, bordel de merde !

Le feu passe finalement au vert.

Simon embraye. Puis… le moteur s’arrête !

- Non, non, non ! NON ! Ne me fais pas ça. Ne me fait pas ça !

Simon tente désespérément de redémarrer la voiture. Mais rien n’y fait. Le moteur se contente de tousser avant de se taire.

- Putain, c’est pas vrai !, crie-t-il en donnant des coups au volant.

Puis… Boom ! L’airbag s’est déclenché et assomme net le pauvre Simon.

Peu de temps après…

Simon pousse sa voiture sur le côté. Il est aidé par deux passants.

- Encore un peu. Voilà. Juste encore un peu. Parfait! Merci. Merci, Messieurs, dit-Simon en secouant énergiquement la main des deux passants.

Simon fait des signes aux taxis qui passent… mais ne s’arrêtent pas.

- C’est pas vrai ! C’est ma tournée, ou quoi ?

Simon regarde sa montre, puis attrape sa mallette et part en courant. Il s’arrête au bout de quelques pas. Revient à la voiture. La ferme à clef et repart aussitôt.

À l’entrée du métro…

Simon s’arrête devant l’escalier du métro. Il reprend sa respiration pendant quelques secondes. Il est bien essoufflé. Il finit par descendre l’escalier.

Dans les couloirs du métro…

Simon court à perte haleine. Il aperçoit une carte de métro. Il l’étudie. Mais il n’a pas l’air de comprendre. Puis abandonne finalement. Il disparaît dans un couloir.

Simon continue sa course. Il jette un oeil sur la montre. Pendant cette fraction de seconde, il ne voit pas les deux hommes qui se trouvent sur son chemin. Et…

Boom! Simon les percute de plein fouet. Tout le monde se retrouve au sol.

Simon reprend ses esprits. Entre deux respirations, il découvre les personnes qu’il a bousculées. Un gros gars ressemblant à un garde du corps, mais portant des habits de rappeur. Et un petit, aussi bien en hauteur que largeur, mais ayant un regard bien mesquin.

- Hé ! Faut apprendre à regarder où on va, là !, crie le gros.

- Excusez-moi. Je ne vous avais pas vu, dit Simon reprenant ses esprits.

- Ouais, ben, on a bien vu que tu nous avais pas vus, Connard!, ajoute le petit gars en se relevant.

- Je suis sincèrement désolé, se contente de dire Simon.

Le petit mesquin ramasse la mallette de Simon.

- Hé, mais elle est vachement jolie ta valise, dit-il.

- Merci, mais… est-ce que je pourrai la récupérer, parce que…

- Tu nous fonces dedans. Et tu nous donnes des ordres maintenant ?, ajoute le gros. Qu’est-ce qu’y a dans la valise ? Y’a des trucs intéressant dans la valise ?

Simon a les jambes qui tremblent de plus en plus.

- Non, seulement des papiers. Rien d’autre. Je peux la reprendre maintenant?

Soudain, le gros pousse Simon si fortement qu’il retombe par terre. Les deux individus en profitent pour s’enfuir en courant.

- Ma mallette ! Il m’ont volé ma mallette ! Aux voleurs!, crie désespérément Simon.

Simon se relève et se met à leur poursuite. Mais les hommes ont déjà disparu dans la foule.

Simon arrive au quai. Il reprend son souffle. Regarde autour de lui. Les voleurs ont définitivement disparu.

Le métro vient s’arrêter devant Simon. Il se contente d’entrer dans le wagon.

La sortie du métro, plus tard…

Simon remonte les escaliers du métro comme un kangourou le portable à la main.

- Allô, Stéphanie? Pouvez-vous imprimer un nouvel exemplaire du contrat? Je suis au bureau dans une minute.

- Mr Leukis, je dois vous dire…

- Vous me le direz lorsque je serai au bureau.

- Mr Leukis…

- A tout de suite, Stéphanie.

- Mr Leukis…

Simon a raccroché.

Au Bureau, peu de temps après…

Les portes de l’ascenseur s’ouvrent. Simon bondit hors de la cabine. Lorsqu’il s’arrête devant… James Blaire, un collègue de travail.

James fixe Simon avec un grand sourire sur son visage.

- Et bien, voilà notre héros, commence James en prenant une petite gorgée de café.

- Une autre fois, souffle Simon. Je n’ai pas le temps de m’embrouiller avec toi.

Simon continue son chemin.

Il rejoint Stéphanie. Elle vient juste de finir d’imprimer des documents.

- Bonjour, Stéphanie. C’est le contrat ?, demande Simon.

- Oui, Mr Leukis, dit-elle en lui tendant les papiers. Mais je dois vous dire que…

Simon prend les papiers des mains de Stéphanie.

- Merci, Stéphanie, coupe Simon. Qu’est-ce que je ferrai sans vous. Ma cravate est bien mise ?

Stéphanie ajuste la cravate avant d’ajouter…

- Voilà, mais il faut que vous sachiez que…

- Vous êtes un amour. Je vous marierais si vous ne l’étiez pas déjà.

Simon ne l’écoute pas. Il étudie les feuilles tout en se dirigeant vers la salle de conférence…